Quelques paires de gaillardes, Se crêpaient un jour le chignon …
Malheureusement, contrairement à la chanson, celles-ci ne se réconcilièrent pas pour taper sur les « gendarmes mal inspirés ». D’abord parce qu’il s’agissait de policiers municipaux et que leur intervention avait été demandée par l’une des protagonistes.
Suite de l’articlcle venant de Vence-info.fr
Retraçons la scène :
Nous sommes au tout début d’avril et la journée, pour une fois, est clémente.
Sur une placette de notre ville, quelques amis commerçants, pour la plupart des artistes, se retrouvent autour d’une table dressée sous un tilleul pour fêter un anniversaire.
« On dirait le sud… » dit une autre chanson.
Et c’est vrai que depuis quelques années, dès que reviennent les beaux jours, on voit fleurir des tables dans les rues piétonnes auxquelles déjeunent les commerçants, préférant ainsi veiller sur leur échoppe plutôt que de « fermer entre midi et deux ».
Tout cela est convivial et bon enfant, et contribue largement à faire revivre le centre de la cité historique. Les touristes en redemandent histoire de permettre aux japonais de mitrailler à la Nikon et aux chinoises d’aquareller à la va-vite.
Un vrai bonheur !
Mais voilà, même à l’adret de nos versants il y a toujours une part d’ombre.
Reprenons notre repas d’anniversaire. Vous savez, la table sous le tilleul, la placette, les voisins commerçants… Bref, l’idylle aurait été parfaite si l’un des convives n’avait eu l’idée saugrenue, pour couronner l’événement, d’ouvrir une bouteille d’un bon vin, histoire de réjouir le cœur des hommes… et des femmes, bien évidemment.
C’est l’instant qu’attendait un restaurateur voisin pour lancer les hostilités en fermant bruyamment son commerce, histoire de marquer sa hargne envers ceux qui osaient remettre en cause son droit de préemption sur toutes boissons alcoolisées ingurgitées sur la placette !
Fait surprenant, C’est quelques instants plus tard que la police municipale arriva sur les lieux pour mettre fin à ces agapes soit disant illicites arguant d’un arrêté municipal les condamnant.
Comme disait le regretté monsieur Cyclopède-Desproge : « Etonnant, non ? »
Mais, bien sur, il ne peut s’agir là que d’une coïncidence…
Au-delà de la petite histoire et des querelles de clochers, il faut se poser la question de savoir dans quel type de cité nous vivons et quelle municipalité pourrait prétendre interdire à ses habitants la convivialité des fêtes de quartier. N’oublions jamais que la ville appartient à ceux qui la peuplent et que sa survie dépend d’eux et d’eux seuls. N’oublions pas non plus que la police, quelle soit municipale ou non, est au service de tous et non à celui d’intérêts particuliers et qu’elle doit garder à l’esprit celui des lois, cher à Montesquieu.
C’est pour avoir oublié ces vérités que certains vivent sous des régimes totalitaires et que fleurissent les rebellions.
Bien sur, j’aurais pu faire une recherche poussée pour savoir sous le joug de quelle loi, léonine ou non, l’assemblée d’amis est tombée, quel règlement mal inspiré elle aurait enfreint. A cela je préfère croire, encore et toujours, que l’amitié et l’amour des autres font partie de la condition humaine, qu’ils sont inaliénables et qu’aucun édit, qu’il soit de droit divin ou Républicain, n’a le pouvoir de les corrompre.
Je laisse aux pisses-vinaigre de tout poil le droit, et le devoir, de méditer ces lignes.
Un dernier détail, enfin, mais qui vaut son pesant d’ironie : cette scène se déroulait le 1er avril ! Comme quoi tous les poissons d’avril ne sont pas du meilleur goût !
Commentaires